Vous refaites votre sol et hésitez entre parquet ou carrelage ? Cette décision vous engage pour des années. Plutôt que de lister tous les avantages de chaque matériau, nous vous proposons une approche différente : 5 questions simples qui vous mèneront directement au bon choix pour votre situation.
Question 1 : Dans quelle pièce allez-vous poser votre sol ?
La destination de votre revêtement détermine déjà une grande partie de votre choix. Certaines pièces imposent des contraintes techniques qui orientent naturellement vers l’une ou l’autre solution.
Les pièces humides parlent carrelage
Salle de bains, cuisine, buanderie : le carrelage s’impose logiquement. Il résiste parfaitement aux projections d’eau, ne gondole pas et se nettoie sans précaution particulière. Même les essences de bois exotiques résistantes à l’humidité restent plus délicates à entretenir dans ces environnements.
Le parquet reste possible dans une cuisine si vous êtes très soigneux, mais un simple verre d’eau renversé et mal essuyé peut laisser des traces définitives.
Salon et chambres : les deux se valent
Dans les pièces de vie, votre choix dépendra davantage de vos priorités personnelles. Le parquet apporte une ambiance chaleureuse immédiate, tandis que le carrelage offre plus de possibilités décoratives et une facilité d’entretien appréciable au quotidien.
Pour les chambres d’enfants, réfléchissez à l’usage réel : dessins au feutre, pâte à modeler, projections diverses. Le carrelage pardonne tout, le parquet beaucoup moins.
Zones de passage : pensez résistance
Entrées, couloirs, escaliers subissent un trafic intense. Les deux matériaux conviennent, mais vérifiez la classe d’usage. Un carrelage PEI 4 ou 5 traversera les décennies. Un parquet dans ces zones nécessitera un bois dur (chêne, châtaignier) et un entretien régulier.
Question 2 : Combien de temps voulez-vous garder ce sol ?
Votre horizon temporel influence directement le calcul coût-bénéfice de votre investissement.
Carrelage : l’investissement à très long terme
Un carrelage de qualité posé correctement vous suit 50 ans ou plus. Une fois en place, vous l’oubliez. Aucun entretien particulier, aucune rénovation. Le seul risque : vous lasser de l’esthétique avant qu’il ne s’use.
Inconvénient majeur : difficile à changer. Si vous voulez du parquet dans 10 ans, vous devrez le poser par-dessus, avec les complications que cela implique (hauteur sous plafond, seuils de portes).
Parquet : durabilité variable selon le type
- Parquet massif : peut durer plus de 100 ans s’il est entretenu. Il se bonifie avec le temps et peut être rénové plusieurs fois.
- Parquet contrecollé : 30 à 50 ans selon la qualité et l’épaisseur de la couche d’usure.
- Parquet stratifié : 15 à 25 ans maximum.
Le parquet demande un entretien cyclique : ponçage et vitrification tous les 10-15 ans pour le massif. Budget à prévoir : 25 à 40 € par m² pour une rénovation complète.
Question 3 : Quel temps consacrez-vous à l’entretien ?
Soyez honnête sur vos habitudes. L’entretien théorique diffère souvent de la réalité quotidienne.
Carrelage : l’insouciance au quotidien
Aspirateur, serpillière, produit universel : vous avez fait le tour. Les enfants renversent leur chocolat chaud ? Un coup d’éponge et l’incident est oublié. Les invités arrivent avec des chaussures sales ? Aucun stress.
Seul point d’attention : les joints peuvent noircir avec le temps et nécessitent un nettoyage occasionnel ou un remplacement tous les 10-15 ans dans les pièces humides.
Parquet : un compagnon exigeant
Le parquet vitrifiée moderne a fait des progrès, mais reste plus délicat :
- Nettoyage : aspirateur puis serpillière bien essorée avec un produit spécifique parquet
- Précautions : pas d’eau stagnante, protection sous les pieds de meubles, chaussons conseillés
- Entretien préventif : dépoussiérage régulier, rénovation des zones d’usure
Un parquet huilé demande encore plus d’attention : application d’huile d’entretien plusieurs fois par an.
Le compromis : carrelage imitation bois
Si vous aimez l’esthétique du bois mais voulez la tranquillité du carrelage, le carrelage effet parquet offre le meilleur des deux mondes. Les fabrications actuelles imitent parfaitement les veines du bois, même au toucher.
Question 4 : Quel est votre budget total (pose comprise) ?
Ne comparez jamais les prix matière seule. La pose représente souvent 50% du coût final et varie énormément selon la complexité.
Fourchettes de prix réalistes (pose comprise)
Carrelage :
- Entrée de gamme : 40 à 60 € /m²
- Qualité correcte : 60 à 90 € /m²
- Haut de gamme : 90 à 150 € /m² et plus
Parquet :
- Stratifié : 25 à 50 € /m²
- Contrecollé : 50 à 100 € /m²
- Massif : 80 à 200 € /m² et plus
Les coûts cachés à anticiper
Carrelage : préparation du support (ragréage souvent nécessaire), découpes complexes selon la configuration, outillage spécialisé.
Parquet : sous-couche phonique obligatoire en appartement, plinthes et barres de seuil, ponçage et finition pour le massif brut.
Calcul sur 20 ans
Intégrez les coûts d’entretien : un parquet massif nécessitera au moins une rénovation (600 à 1000 € pour 25 m²), tandis que le carrelage ne demande aucun investissement supplémentaire.
Question 5 : Quel style recherchez-vous ?
Vos goûts esthétiques et votre mode de vie doivent s’accorder avec les caractéristiques de chaque matériau.
Parquet : l’authenticité et la chaleur
Le bois apporte instantanément une sensation de confort et d’authenticité. Il réchauffe visuellement n’importe quel espace et se marie avec tous les styles : scandinave, industriel, classique, contemporain.
Le parquet vieillit avec élégance. Ses petites marques d’usage font partie de son charme. Si vous appréciez les matières vivantes et acceptez leur évolution, le parquet vous comblera.
Carrelage : la polyvalence infinie
Impossible de s’ennuyer avec le carrelage moderne. Imitation bois, pierre, béton, métal : tous les effets sont possibles. Formats XXL pour un style épuré, motifs géométriques pour une touche originale, finitions mates ou brillantes selon l’ambiance recherchée.
Le carrelage permet les associations audacieuses : mélange de formats, transition entre espaces, délimitation de zones. Votre créativité est la seule limite.
L’évolution de vos goûts
Réfléchissez à votre rapport au changement. Si vous aimez redécorer régulièrement, le carrelage neutre offre plus de flexibilité. Un parquet en chêne naturel traverse les modes, mais peut lasser à terme.
Notre méthode pour trancher rapidement
Vous avez maintenant tous les éléments. Voici une grille de décision pour finaliser votre choix :
Choisissez le carrelage si :
- Vous recherchez un sol sans contrainte d’entretien
- La pièce est humide ou très passante
- Vous avez des enfants en bas âge
- Vous aimez changer de décoration
- Vous voulez un investissement « à vie »
Choisissez le parquet si :
- Vous privilégiez l’ambiance chaleureuse
- Vous acceptez un entretien régulier
- La pièce est sèche (salon, chambre)
- Vous appréciez les matières naturelles
- Vous avez le budget pour de la qualité
Les cas où hésiter encore
Si plusieurs critères se contredisent, deux solutions :
Carrelage imitation parquet : compromise idéal si l’esthétique bois vous séduit mais que les contraintes d’entretien vous rebutent.
Zonage : carrelage dans les zones techniques (cuisine, salle de bains), parquet dans les pièces de vie. Cette combinaison fonctionne très bien visuellement.
Exemples concrets
Famille avec jeunes enfants, budget 60€/m² : carrelage résistant, facile d’entretien, disponible dans ce budget.
Couple sans enfant, maison, budget 100€/m² : parquet contrecollé chêne huilé pour les pièces de vie, carrelage pour les pièces humides.
Appartement locatif : carrelage impérativement. Résistant, facile d’entretien pour les locataires, neutre pour plaire au plus grand nombre.
Le choix entre parquet et carrelage n’a rien de définitif ni de dramatique. Les deux sont d’excellents revêtements quand ils correspondent à votre situation. L’important est d’être honnête sur vos priorités réelles plutôt que sur vos envies du moment. Votre sol vous accompagnera des décennies : autant qu’il vous facilite la vie au quotidien.



